fontaine royale n°2

Il y a ce truc qui m’obsède,

Ce truc qui saute aux yeux, ce flacon sous les miens,

Il y a ce bleu, azur égéen,

Et son blaze ... soft obscène.

Il installe son encens, son fluide oxygène,

Il m’entête ce nom, il coule dans mes veines,

Comme le sang sous la peau, mon désir assouvi,

Son parfum en silence, nos plaisirs engloutis.

Fontaine, jouvence, femme, royale.

Capiteuse, ambrette et bois de Santal ...

Une jaillissante extase, intime et florale,

Sous le manteau l’ivresse, celle d’une femme ... fontaine royale.

* * *

Il y a sous la vague, une muse abstraite, sortie du bain, la peau ambrée.

Le cœur royal, la main posée, l’esprit jasmin, son cri feutré.

Ce que souffle la fontaine à son oreille dressée, nul ne le sait.

Son murmure est fragance, le parfum du silence, son désir un excès.

Subsistent le bleu et les encens, nos soupirs évanescents.

Le S elle aime, ce vin profond, la soie LM, songe étonnant.

* * *

De cette vaste étendue où domine le silence,⁠

D’une mer d’huile sur la toile, en azur effronté,⁠

Surgit une fleur intranquille, le cœur affamé,⁠

Qui s’élève puis expire, aveugle d’évidence. ⁠

De l’aurore au couchant, de palais en rivages,⁠

Je la contemple, elle se dérobe, fuit les regards,⁠

Soigne sa fourrure, son iris, l’esprit renard,⁠

Elle minaude affectée, de parfums en ravages.⁠

Je découvre avec elle nos ténèbres profondes,⁠

C’est une dame rougie, une ombre que la nuit ravive,⁠

Dans la lueur incertaine des heures fugitives,⁠

Elle révèle son éclat, venu des arrière-mondes.⁠

There's this thing that haunts my mind,

This thing that's clear, a bottle I find,

There's this blue, Aegean azure bright,

And its name... soft, it ignites.

It fills the air with incense, oxygen's grace,

Its name enthralling, in my veins, it does race,

Like blood beneath the skin, my desire sated,

Its fragrance in silence, our pleasures unabated.

Fountain, youth, woman, regal delight,

Intoxicating, ambrette and sandalwood in the night,

A gushing ecstasy, intimate and floral,

Beneath the cloak, the intoxication of a royal woman's portal.

* * *

Beneath the wave, an abstract muse, bathed, her skin imbued with amber's grace,

A regal heart, a gentle hand placed, her spirit jasmine, in a hushed embrace.

What the fountain whispers to her attentive ear, no one can ascertain,

Its murmur is fragrance, the perfume of silence, her desire an exquisite reign.

The blue and incense persist, our fleeting sighs,

She loves the S, that profound wine, LM silk, a wondrous dream in her eyes.

* * *

In this vast expanse where silence prevails,

Upon a canvas of unruly azure, like an audacious trail,

Emerges an unsettled flower, a heart that yearns,

It rises and then fades, blind to what discerns.

From dawn till dusk, from palaces to shores,

I gaze at her, she evades, concealing her encores,

Caring for her fur, her iris, a foxy flair,

She feigns affectation,

from perfumes to despair.

With her, I uncover our profound abyss,

She's a blushing lady, a shadow the night does kiss,

In the uncertain glow of fleeting hours,

She reveals her brilliance, from the realms beyond ours.

Guillaume Auda